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  le blog vazimonga

L'otan en emporte le vent ...

4 Avril 2008, 13:22pm

Publié par béber



Motion de censure

déposée par les députés du groupe socialiste, radical et citoyen et

les députés du groupe de la gauche démocrate et républicaine

(Article 49 alinéa 2 de la Constitution)

Au-delà des enjeux locaux, les Français ont adressé un message clair à l’occasion

des élections des 9 et 16 mars derniers. Ils ont censuré une politique économique et

sociale qui a conduit à la détérioration de leurs conditions de vie. Ils ont censuré le

creusement des inégalités symbolisé par le gaspillage des 15 milliards d’euros du

paquet fiscal en faveur des plus fortunés. Ils ont censuré l’avalanche de promesses

non tenues depuis dix mois par le Président de la République et le gouvernement en

matière de pouvoir d’achat, de protection sociale, d’environnement ou de logement.

Ils n’ont pas été entendus.

Le chef de l’Etat, relayé par ses ministres n’a eu de cesse de confirmer ses

orientations et de minimiser sa responsabilité dans la crise de confiance que traverse

le pays. Le plan d’austérité qui se met en place par touches successives, via

notamment l’annulation massive de crédits publics et la remise en cause de réformes

sociales, aurait suffi à justifier cette motion de censure.

Mais nous voulons aujourd’hui éclairer les Français sur la dangereuse rupture que

sont en train d’opérer le Président de la République et son gouvernement avec le

consensus national qui prévalait sur les principes d’indépendance militaire et

stratégique de notre pays.

L’ouverture de négociations sur le retour de la France dans le commandement

intégré de l’OTAN, la compréhension affichée envers la funeste intervention

américaine en Irak, le discours prononcé par le Chef de l’Etat devant le Congrès

américain, ont posé les jalons d’un alignement atlantiste global dont nous récusons

la pertinence et l’opportunité pour notre pays.

Cet alignement se confirme dans la décision présidentielle d’accéder à la demande

de l’administration américaine de renforcer l’effort de guerre de la France en

Afghanistan.

Ce conflit était, au lendemain des attentats du 11 septembre un acte de légitime

défense collective, reconnu par la charte des Nations Unies, pour empêcher un

conflit de civilisations et mettre fin aux activités d’une organisation terroriste.

Aujourd’hui, faute d’avoir su réussir la stabilisation et le développement de

l’Afghanistan, la logique militaire a montré ses limites. Le salut de l’Afghanistan

passe par une évaluation et par une complète réorientation de la stratégie politique,

diplomatique et militaire de la coalition. L’intérêt de la France n’est pas d’ajouter la

guerre à la guerre. Elle est d’aider à un règlement global.

Nous nous opposons en premier lieu à la décision présidentielle parce que nous

refusons un enlisement dans une guerre sans but et sans fin. Nous refusons

d’exposer inutilement la vie des soldats français tant que les leçons de l’échec de la

coalition n’auront pas été tirées. Nous refusons que la France supporte en

Afghanistan le fardeau de la guerre américaine en Irak alors même qu’elle avait été

la première à en dénoncer la nocivité.

Nous nous opposons en second lieu à cette décision parce qu’elle a peu à voir avec

l’Afghanistan et beaucoup avec l’obsession atlantiste du Président de la République

et son projet de réintégrer la France dans le commandement de l’OTAN. En

abdiquant son autonomie de décision militaire et stratégique dont tous les présidents

de la Vè République ont été les gardiens, en abandonnant son combat pour le

multilatéralisme, en oubliant ses ambitions d’un pilier européen de défense, la

France perdrait sa liberté de choix dans le monde. Elle se retrouverait liée à une

doctrine des blocs qu’elle a toujours récusée.

Nous nous opposons enfin à cette décision parce qu’elle est le fait d’un homme seul.

En annonçant sa décision devant le Parlement britannique alors même que la

représentation nationale n’en avait jamais été informée, en refusant aux

parlementaires le droit de se prononcer par un vote, le chef de l’Etat et le

gouvernement ont humilié le Parlement et révélé leur conception de la démocratie :

un exécutif, des exécutants.

Pour toutes ces raisons, le groupe socialiste radical, citoyen et divers gauche et le

groupe de la gauche démocrate et républicaine demandent à l’Assemblée nationale

de censurer le gouvernement en application de l’article 49 alinéa 2 de la Constitution.


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