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  le blog vazimonga

Affaire médiator, prémisce de quoi ?

16 Janvier 2011, 16:44pm

Publié par béber

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Nouveau rituel de nos temps modernes :  ne pas s'avouer les erreurs de propagande ( ex: prétendue nocivité virulente du h1n1 = mea culpa des journalistes inexistant) , mais de contrebalancer la défiance de l'opinion par un autre événement dont la surmédiatisation  vise  à rétablir la confiance) .


Ainsi , la défiance  trés nette vis à vis d'un gouvernement de plus en plus perçu comme étant aux ordres de lobbies pharmaceutiques trouve une réponse opportuniste ces temps ci :  voici venue l'affaire "médiator ".

  Une bonne occasion de  tenter de faire  l'unanimité sur fond d' esprit de revanche . Le problème, c'est que la haine rend con . Et que ceux  qui diffusent la condamnation des laboratoires Servier sont les mêmes qui diffusaient la propagande h1n1 .


Que dit  ce spécialiste éclairé en pharmacovigilance , celui qui expliquait le bluf du H1N1 ?

 

"L'affaire médiator n'en est pas une" .

 

Une de ces remarques les plus percutantes est l'évaluation du nombre de victimes  donnée par les médias : un rapport de 1 à 4 !

"Avec une estimation - probablement maximaliste - de 460 décès pour un produit disponible depuis 1976, cela fait moins de 20 par an, et je mets les autorités sanitaires au défi de trouver beaucoup de produits mieux tolérés, à commencer par ceux présentés comme sûrs dans des indications préventives (les statines, par exemple)"

 

Sa façon de raisonner , qui lui permet d'aller à la vérité , est fort intéressante : il se pose une question que les puissants , dans leur orgueil , ne se posent plus .

 

EXTRAIT :

".. Tout cela rend compte d’une forte hystérisation de l’information [24] - centrée sur des personnes bien davantage que sur des faits (encore moins sur des ramifications complexes de faits) - dont l’affaire Médiator fournit un parfait exemple.

3) Chacun d’entre nous a son domaine d’expertise, qui va des "savoirs profanes" aux compétences techniques ou scientifiques les plus éminentes : mais aucun d’entre nous ne peut prétendre tout savoir - ni même savoir plus que ce qu’il ne sait réellement. Récurrente, la difficulté consiste donc - et à chaque instant - à délimiter avec circonspection et intransigeance la frontière entre ce sur quoi on a des compétences supérieures à la moyenne (l’expertise) et ce sur quoi on n’en sait pas plus, voire moins que la moyenne ("incompétence relative"). Cette exigence épistémologique fondamentale vaut, encore plus, pour ceux des experts qui, à tort ou à raison, ont acquis un minimum de visibilité dans l’espace public : car le risque est grand, alors, de pervertir cette visibilité pour propager et amplifier les idées reçues dont on ne contrôle ni l’authenticité, ni la portée. Ainsi réduit au rôle de pseudo, l’expert devient alors un "malgré-nous" [25] de la rumeur ou de la propagande. Dans l’affaire Médiator, j’ai pris l’initiative de téléphoner à l’un des principaux protagonistes aujourd’hui célébrés par la presse - démarche unilatérale qui vaut à elle seule pour tout un programme. Au cours de notre entretien et relativement à une affaire que je crois bien connaître dans l’ensemble (cf. PJ), je n’ai reculé devant aucune question, si simpliste ou naïve qu’elle paraisse, à propos d’aspects qui avaient pu m’échapper jusqu’à présent : je l’ai interrogé sur la symptomatologie et le devenir des patients concernés (je ne suis pas clinicien), sur la nature des lésions en cause (je ne suis pas chirurgien), sur le rapport entre les anomalies valvulaires et l’hypertension artérielle pulmonaire (je ne suis pas anatomo-pathologiste, ni physiologiste), enfin sur le déterminisme moléculaire des lésions dues aux fenfluramines (je ne suis pas pharmacologue). Réciproquement, à aucun moment, mon interlocuteur n’a eu la moindre idée de m’interroger sur un historique qu’il méconnaissait complètement, sur la réglementation sanitaire ou les procédures de pharmacovigilance qui lui étaient clairement étrangers - quoiqu’il n’ait aucune inhibition à en parler publiquement. Je suis ressorti plus expert de cette longue conversation ; mon interlocuteur est reparti plombé dans ses certitudes et aveuglé dans ses illusions."

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