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  le blog vazimonga

Dette ou pas dette, that is the question !

11 Octobre 2008, 09:59am

Publié par béber


qui fabrique l argent ? _l'argent dette( Paul Grignon)_1/4
envoyé par tchelsoo




L'inflation pour les nuls par la BCE
envoyé par Dalz

BONUS ECONOMIE :
article du temps.ch








Spécialiste en neurofinance à l'EPFL, Peter Bossaerts évoque la théorie des jeux pour expliquer la crise. L'Etat pourra-t-il relancer la partie?

 

François Pilet
Samedi 11 octobre 2008

 

Les bourses européennes ont achevé la semaine sur un nouveau plongeon, vendredi, sur fond de paralysie du marché interbancaire. Londres a connu sa plus forte baisse depuis le krach d'octobre 1987 et Paris a vécu la pire semaine de son histoire. Peter Bossaerts dirige le Laboratoire d'analyse de la décision en situation d'incertitude de l'EPFL. Sommité de la neurofinance, il revient sur les causes profondes de la crise. Et esquisse des solutions.

Le Temps: Quel est votre regard de spécialiste en neurofinance sur la panique boursière de ces derniers jours?

Peter Bossaerts:Face à des situations que nous comprenons mal, il est tentant de voir la marque de comportements irrationnels. Cela parce que, au fond, il est difficile d'accepter qu'une somme de comportements rationnels puisse aboutir à des conséquences désastreuses pour la majorité. Or c'est exactement ce qui est en train de se passer. Prenez l'exemple des clients qui font la queue devant leur banque pour retirer leurs économies. C'est un acte pleinement rationnel, mais qui précipite la chute. Dans ce cas, ce sont les naïfs - ceux qui sont assez stupides pour laisser leur argent dans une banque menacée - qui contribuent à sauver la situation. C'est exactement la même chose pour les marchés financiers, à la différence près qu'il n'y a plus personne d'assez téméraire, ou naïf, pour jouer le jeu en achetant des titres et tout est bloqué. Dans une partie de poker, les joueurs doivent pouvoir espérer que leur adversaire est un naïf et qu'il va prendre des risques inconsidérés. Si deux joueurs sont pleinement rationnels et ne prennent aucun risque, la partie s'arrête.

- Quelles sont les conséquences de ce blocage?

-
Nous assistons à deux crises parallèles. Celle qui fait rage aujourd'hui reste purement financière. La deuxième, la pire, est celle de l'activité économique réelle. Pour l'instant, celle-ci n'est que potentielle, mais les risques d'une contamination augmentent de jour en jour. Tout l'enjeu est de trouver une méthode pour empêcher que cela se produise.

- Comment en est-on arrivé là?

- Le problème vient de l'opacité des marchés sur lesquels s'échangeaient ces titres aujourd'hui pestiférés, basés sur des hypothèques américaines ou sur des risques de défaut de crédit. Si vous vouliez vendre ces papiers, le seul moyen était d'appeler une de vos connaissances à Tokyo ou à Helsinki et de la convaincre de les acheter en lui promettant la lune. Le jour où un doute est apparu sur la qualité de ces titres, plus personne n'a voulu participer. Sur un marché ouvert et régulé par une bourse, comme celui des actions ou des matières premières, il existe des règles qui peuvent rassurer les intervenants. Même si le doute s'installe, ces protections encouragent les plus téméraires à revenir tenter leur chance. Dans le cas d'un marché de gré à gré, il n'y a aucun filet. Tout s'arrête, et votre papier n'a plus de valeur.

- Ce qui touchait une partie du système financier s'est étendu à toute l'industrie bancaire. Pourquoi?

-L'opacité des échanges de gré à gré fait que personne ne sait vraiment où sont cachés les risques. On a découvert des quantités hallucinantes de titres toxiques dans bien des banques, et il est légitime de se demander ce qu'elles peuvent encore bien cacher.


- Quelles sont les options des gouvernements?

- Leur première réaction a été d'avancer des milliards de liquidités aux banques pour qu'elles se remettent à prêter. Mais cela ne marche pas, parce que dans la pratique les banques gardent cet argent pour elles. Et, tôt ou tard, les entreprises commenceront à manquer de liquidités.

- Faut-il les contraindre?

-C'est impossible. C'est pourquoi les gouvernements ont mis en place d'autres stratégies. Avec le plan Paulson, les Etats-Unis proposent de racheter les titres toxiques dont plus personne ne veut. En Europe, la tendance va plutôt vers des nationalisations. Ces deux solutions ont leurs travers. Dans le cas américain, le gouvernement n'a pas les compétences nécessaires pour trier le bon grain de l'ivraie et risque de se faire rouler en payant trop cher. Cette attitude ne fait que perpétuer le système qui existait avant la crise. En endossant volontairement le rôle du naïf, il permettrait de reprendre la partie de poker. Je ne pense pas que c'est une bonne solution. Une autre possibilité serait de contraindre tout le monde à abattre ses cartes pour écarter définitivement les doutes, chose très difficile à obtenir.
A mon sens, l'approche européenne a plus de chances de fonctionner. En entrant dans le capital des banques en détresse, les Etats pourraient faire une plus-value en revendant leurs parts quand les choses iront mieux. Reste qu'il est difficile de recapitaliser une banque en affirmant haut et fort qu'on va punir ses dirigeants, qui feront donc tout pour s'y opposer.

- La solution miracle à vos yeux?

- Les Etats doivent trouver le moyen de soutenir l'économie réelle en reprenant le rôle des banquiers pour quelque temps. Ils doivent faire la preuve que le monde peut s'en sortir sans eux. Au lieu d'injecter des milliards dans un système bloqué, les banques centrales doivent trouver un moyen de transmettre ce flux aux entreprises. C'était encore possible il y a quelques années, lorsque les Etats possédaient de grandes banques de détail. C'est plus compliqué aujourd'hui, mais pas impossible. Les fondamentaux de l'économie restent excellents, et il y a beaucoup d'entreprises solvables qui peuvent payer des intérêts sur ces crédits. Si les Etats en font la preuve, les banques finiront par y revenir et reprendront leur rôle.

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